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Pierre-Henry Gomont et l’artwork de creer la bande-dessinée

Dans son dernier album slave, Pierre-Henry Gomont nous plonge dans la Russie submit communiste en pleine décomposition. Avec conviction, il nous raconte la genèse de son album et sa manière de concevoir l’artwork de la BD. Propos recueillis lors du Quai des bulles pageantto Saint-Malo.

Pierre-Henry Gomonthabitué des récits «politiques», nous emmène avec slave in Russia on the finish of the années 1990 dans le sillage de deux compères aussi différents l’un que l’autre: Dimitri Lavrine, trafficker sans scrupules que a pour credo l’économie de marché où le however n’est pas d’acheter, mais de vendre, et Slava, artiste autrefois engagé qui souhaite, lui aussi, faire sa place dans le nouveau monde post-communiste. Leur pillage raté de vieux soviétiques palais will please them to satisfy Volodia et Nina, who veulent defend the labor of mineurs soumis à la prédation d’oligarques véreux. Avec ces personnages, lors d’un highway film caucasien, l’auteur nous amène à découvrir une période peu connue de cet empire en cours d’effondrement, mais que se reconstruit sur des bases nouvelles où l’argent roi va profiter à quelques- uns. Sur les quais de Saint-Malo, Pierre-Henry Gomont, all sourire et accessible, nous en dit plus sur la genèse et le déroulement de cette histoire en cours. Et tout start par la découverte d’un goût commun pour le vélo. « On assault de suite ? » dit-il dans un grand éclat de rire. C’est parti. À bicyclette.

Unidivers – I noticed him donc a rapport avec slave?

Pierre-Henry Gomont – In 1999, I made my first voyage to see it over a copain, utterly autonomously. Nous sommes partis de Strasbourg pour aller jusque dans les Carpates, en passant notamment par la Hongrie, la Roumanie, des pays ayant appartenu à l’ancien bloc de l’Est. À vélo, par les petites routes, on rencontre évidemment des gens. Ils vous invitent to dinner, to sleep. On n’a pas le même rapport neither aux habitants nor aux paysages. Ce périple a été une décisive expérience pour le voyage et cela ressemble beaucoup au dessin: ce sont deux activités qui prennent du temps et qui font voir les choses autrement. Plus intimately.

U – Pourquoi les pays de l’Est?

PHG – D’abord, a need to voir des pays qui avaient été fermés depuis si longtemps. On the time, you faisais une prépa HEC et je savais que je ne destined me pas à faire du commerce. Cette utopie à rebours de mes études fascinates me. Les cours d’histoire sur la période communiste me passionnaient, notamment l’idéalisme qui façonnait toutes ces sociétés. Je ne suis pas nostalgique de ces régimes, automotive j’ai eu conscience immédiatement que cette ideologie a été dévoyée. Néanmoins, who of telles forces, qui ont échoué politiquement, puissent structurer une société socialement était passionnant. L’group de la vie quotidienne était guided par cette idée d’égalitarisme et de communautarisme. Les citoyens se sont accaparé ces principes et on ne comprehend rien si on ne sait pas remark la chute du régime soviétique a été à ce level mal vécue là-bas.

Pendant ce voyage, j’ai vu quotidiennement ce sentiment de déclassement, y compris chez les jeunes qui n’avaient pas connu le régime de l’URSS. There may be already a hiatus très fort entre ce que nous avons perçu de cette fin et leur notion à eux. Nous rapportons leur histoire à notre propre modèle en imaginant la liberté retrouvée, la démocratie, sauf les Russes ont le sentiment qu’on a retiring la puissance d’un État fort et reconnu pour ne la change par rien du tout. free The top of l’homme rouge by Svletana Alexievitch [2013, publié chez Actes sud en 2016, ndlr] montre cette complexite. Le désir de s’enrichir ne suffit pas pour organiser une société.

pierre henry gomont

U – Poutine comble aujourd’hui ce vide ?

PHG – Tout à fait. slave it ends with a quotation by Thomas Hobbes who mentioned that if he as soon as vaincre l’atonie de ces pays il faut un tyran. C’est assez disturbant (sourire).

OR – ” Additionally longtimes that les hommes vivants sans un pouvoir commun qui les tienne all in respect, ils sont dans cette situation qui se nomme guerre, et cette guerre est de chacun contre chacun » repenez-vous on the finish of the album

PHG – Completely. A tyran is important in keeping with Hobbes et son leviathanpour que puisse s’exercer la vie sociale, la vie culturelle. Le tyran n’est là que pour des fonctions régaliennes. Je ne suis pas philosophe, économiste, ni politicien, mais on felt bien aujourd’hui qu’il falter to seek out an alternate au libéralisme économique. Apply the principle of Hobbes to the extent of États: an État surpuissant que tenen in respect tous les autres. SDN, UN, on an essayé, mais bon…

U – Et le peuple russe, pour qui on trouve des citations contradictoires, quelle en est votre imaginative and prescient?

PHG – Je n’en thought snort. South of nombreux factors, l’âme slave ressemble à ce que nous sommes, nous Français. A goût pour l’excès. Le personnage de Volodya, le gars en slip dans la neige, je l’ai reencontré lors d’un voyage en Biélorussie. J’ai passé du temps dans sa datecha [maison de campagne, ndlr] En plein hiver et quand il kind chercher un lapin dans le clapier il and goes nicely in slip. Dans le sauna avec lui, je me suis évanoui à chaque fois. Ce sont des gens de l’extrême. Ce type-là appartenait à l’équipe d’URSS de course d’orientation. C’est un… violent (laughs). Ce sont ces individus qui m’interpellent.

U – Le terme de cynisme ne convient donc pas à l’album?

PHG – Oh no! Surtout pas ! Cynisme au sens étymologique, derived du mot chien, peut-être, automotive mes personnages ont un côté chien errant, mais j’emploierais plutôt le mot ironique. Là encore, dans le sens étymologique, «l’artwork de la query». Mon album est distacié par rapport au sujet, mais cynique implicarait de la moquerie et de la condescendance. Pas du tout. Je me met au niveau de mes personnages. Slava a tous mes défauts. Je ne juge pas plus Lavrine. Ils ont leur propre métabolisme et je les regarde évoluer dans leur aquarium.

U – Pas de cynisme, mais le terme « humor » convient-il mieux ?

PHG – Alors là, oui. Il faut toujours le clair obscur. A Pieds Nickelés côté. Le rire est un rire de collusion.

U – Remark a e book was constructed slave who consists of aussi beaucoup de textes?

PHG – Je ne pars pas de l’écrit, mais du dessin. Ce qui génère mon envie de créer c’est le fait de se pleasure dans des pays que me sont étrangers. J’assume cette dimension « exotique » que arouse chez moi de la curiosité, l’envie du dessin. Dessiner le Portugal ou dessiner la Russie, cela ne peut se faire de la même manière. J’ai besoin d’aller sur place et de m’imprégner. On se dit tiens, tel gars rencontré, il est marrant, je pourrai en faire un personnage et je start à dessiner des croquis, des scènes. Lavrine dans la neige et une forêt de bouleaux au début de slave , cela vient d’une envie de dessin. Ces morceaux de vie s’agglomèrent et à un second je me sens prêt à démarrer. I begin web page 1 et j’établis mon story board de façon complète. L’écrit, y compris les récitatifs, vient en même temps que le dessin. For instance the onomatopées in cyrillic, on ne think about them pas if on remainder of the derrière they’re ordinateur.

U – Donc an indispensable repérage?

PHG – Completely, et d’ailleurs on va publier avec Dargaud ces dessins faits sur place dans le Caucase. J’ai une ardour pour les carnets de voyage. Aquarelle, fusain, encre, gouache, the outside design is a superb freedom to rapport the rigueur of the BD. C’est un second d’exploration graphique. Mon voyage à Lisbonne pour Pereira fakea change ma manière de faire of the BD. Pereira fake it’s a level de départ. C’est le second où j’ai trouvé ma grammaire.

pierre henry gomont

U – Parlons justement de ces lieux. dance slaveLes lieux désaffectés sont extraordinaires.

PHG – Raphaël, un de mes meilleurs amis, celui avec qui j’ai fait mon voyage à vélo in 1999, dwells désormais in Géorgie. Je suis allé chez lui, on a trouvé ensemble au sud de Tbilissi un énorme complexe métallurgique, les mines de Tchiatoura au nord, des thermes abandonnés. C’est fait à la soviétique, giganteque, délirant. Après ce voyages, j’ai recommencé tout mon story board preliminary en repartant de ce que j’avais vu. Jamais un voyage n’a autant structuré l’histoire que j’ai dessinée. le lieu dans slave is important.

U – Lavrine, the trafficker sans scrupules additionally most likely exists?

PHG – Oui, oui. He c’est a Français. A mec avec qui j’ai travaillé quand j’étais advisor et qui m’a impressed. A hyper sympathetic escroc. J’aime ces gens-là: les hâbleurs. Quand ils disent quelque selected, ils ne disent pas vrai, le discours est fait pour vous conduire dans une course qui les intéresse. Il ne faut pas les croire! Je ne suis tellement pas comme cela. Eux ils avant dans la vie comme des furieux. Ce sont des oligarques in changing into. Soit ils and arrivent, soit ils se font buter.

U – Comme la plupart de vos personnages dans slaveil est odieux, mais sympathique.

PHG – Ce côté clair-obscur des personnages me plaît. Pas de manichesme. Slava lui-même hesite trop. Il a un côté… philateliste de la vie. Son engagement of him is a posture d’école. Comme je le dis: quand la trigger est gagnée, il perd son engagement from him. Pour une fois, je donne une place que me concerne directement: l’artwork ne sert pas à donner are his opinion. Il sert à proposer des dispositifs ouverts à l’interprétation, which matches nicely with my petite opinion on the Russes for instance. Ce qui m’intéresse au-delà de tout ce sont les trajectoires humaines. Politics dans l’intime.

OR – Pereira fakecorrespondit déjà à cette envie?

PHG – Precisely. Qu’on le veuille ou non, la politique s’impose à nous comme elle s’impose à Pereira. On n’est ever impartial. Quand on se fake impartial, on est du côté du plus fort.

pierre henry gomont

U – Vous ne vous considérez donc pas comme un artiste engagé?

PHG – Je estete cette notion. La fiction vaut beaucoup mieux que cela. Rien n’est plus fragile des engagements politiques. If you wish to expose an opinion, please pour it on an A4 web page. Quite the opposite, if on veut clarify the complexity of the world, il faut un décor, of the mise en scène, of the credibility. C’est comme cela que l’on est plus proche de la réalité des gens.

U – Parlons de votre dessin si spécifique. Vous définissez-vous comme autodidacte en la matière?

PHG – Même les gens que ont practiqué les écoles d’artwork sont autodidactes. Le dessin s’apprend seoul. Blutch disait that you really want him to study dans sa chambre. J’ai eu le goût très tôt, me si dans ma famille il n’était pas envisagé de faire du dessin un métier. Mais pour moi, le dessin n’a jamais été un truc pour rire. Il a toujours été essentiel. Dans une classe, je faisais tout pour être considéré comme LE dessinateur. Quand j’ai mis de côté mes activités de dessin, cela a été très douloureux. These are the boards on the Web which can be greater than pied by the étrier. J’ai despatched to des professionnels mes projets de BD et ils ont eu l’amabilité de me répondre. Month first albums m’ont aidé à me discover et la césure se fait avec Pereira. 5 albums correspond to 5 years of formation. C’est le temps regular des études.

U – Quel regard portez-vous sur votre réussite dans le métier?

PGH – Je suis très content material que vous le disiez, mais je n’en crois pas un mot. Chaque album qui kind représente encore una panique totale de le voir straître rapidement.

U – Cela vous offre quand même une plus grande liberté ?

PHG – Ma grande liberté, c’est mon éditeur que me l’offre. Je lui suggest a projet sur la fin de l’URSS il me dit : OK. Combien de tomas? Trois: OK. Le fait de faire un story board complet et très détaillé, cela le rassure beaucoup. Il voit presque l’album un an avant.

Un an c’est justement le délai attendu pour le take 2 ofslave. Un an c’est vite passe.

pierre henry gomont

slave of Pierre-Henry Gomont, editions Dargaud. Take 1. 104 pages. €20.50.

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